Richard Rancourt, Directeur de Carrefour 50+ du Québec - Secteur Rimouski-Neigette (Photo: Courtoisie Carrefour 50+ du Québec)


Le Carrefour 50+ du Québec estime que la nouvelle politique « Mieux chez soi » de Sonia Bélanger, ministre de la Santé et responsable des Services sociaux, des Aînés et des Proches aidants, « ne tient pas suffisamment compte de la réalité régionale, particulièrement rurale ».

« C’est beau de dire “mieux chez soi”, mais lorsque ton chez-soi est un village qui perd graduellement ses services de proximité, cette réalité doit être prise en compte. Or, ce n’est pas ce que reflète la politique présentée aujourd’hui comme un tournant », a réagi Richard Rancourt, président du Carrefour 50+ du Québec, dans un communiqué publié vendredi matin.

La politique prévoit notamment une identification plus précoce des personnes vivant à domicile afin de prévenir la perte d’autonomie, l’isolement social et la détérioration des conditions de vie.

Bien qu'elle vise à permettre aux personnes de demeurer à domicile le plus longtemps possible "dans un environnement familier et sécurisant", l'organisme de défense des aînés ne fait pas la même lecture des orientations telles que présentées par Mme Bélanger.

Si, dans le cadre de cette politique, le domicile correspond au lieu de vie choisi par l’usager, c’est-à-dire l’endroit où il réside, le Carrefour 50+ du Québec affirme qu'il peut s’agir d’une maison, d’un appartement ou d’une chambre, dans toute forme d’habitation privée ou communautaire, incluant les résidences privées pour aînés (RPA).

Une iniquité persistante dans l’offre

Le Carrefour 50+ du Québec dénonce également dans cette politique "une iniquité persistante dans l’offre de soins et de services".

Harold LeBel, directeur général du Carrefour 50+ du Québec, affirme que cette politique laisse en suspens un enjeu majeur, qu'il explique comme étant « la variation régionale et même intra-urbaine de l’offre de services ».

« Ces écarts compliquent la vie des usagers et alimentent un sentiment d’injustice et de perte de confiance quant à la possibilité de bien vieillir chez soi. Dans les faits, l’accessibilité des services demeurera très inégale d’un territoire à l’autre, particulièrement en milieu rural », ajoute M. LeBel.

Pour Le Carrefour 50+ la nouvelle politique « Mieux chez soi » se heurte actuellement à la pénurie de main-d’œuvre, aux contraintes budgétaires et à une gestion jugée trop centralisée des ressources du réseau public, des facteurs qui fragilisent les équipes et compromettent la qualité des soins. Il cite la situation des urgences de Trois-Pistoles et de Pohénégamook comme exemple.

Proches aidants : une offre insuffisante

L’organisme salue en outre les mesures financières annoncées pour soutenir les proches aidants et améliorer l’aide à domicile. En revanche, il estime que ces mesures sont « insuffisantes au regard de la pression démographique à venir ».

S'agissant de cette pression, l'organisme rappelle que la proportion de personnes de 65 ans et plus atteindra bientôt 30 % dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.