Bâtiment de l'hôpital de Mont-Joli, vu d'en face (C) Courtoisie
Dans tout le Bas-Saint-Laurent, les principaux syndicats de la santé sortent de leur silence pour dénoncer une « crise généralisée » de la main-d’œuvre qui frappe l’ensemble du territoire. Dans un communiqué conjoint, ils réclament d'urgence des actions concrètes, et ils appellent notamment à un retour à la normale à l’urgence de Mont-Joli.
Ce front commun regroupe en effet, l’Alliance du personnel professionnel et technique (APTS BSL), le Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires (FIQ-SPSICR BSL) ainsi que le Syndicat du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l’administration (SPBTPA BSL – CSN).
Si les ruptures de services se multiplient de Kamouraska à la Mitis, la toute dernière, intervenue à l’urgence de Mont-Joli cristallise actuellement les tensions. Depuis le 17 janvier 2026, celle-ci fonctionne en effet au ralenti, fermant ses portes à 16 h au lieu de 20 h auparavant. Depuis lors, les voix s'élèvent pour dénoncer un recul des soins de proximité.
Pour l'heure, un retour à la normale semble hors de portée du CISSS du Bas-Saint-Laurent, qui justifie cette réduction de services par une pénurie criante de personnel, un manque de médecins notamment.
Les syndicats ne voient toutefois pas les choses du même œil et déplorent l’absence d’un plan de match clair de la part de la direction.
« Il y a maintenant plus de trois mois que ça dure à Mont-Joli. Trois mois et toujours pas de proposition claire du CISSS. Combien de temps faudra-t-il attendre ? L’urgence d’agir, c’est maintenant », martèle Guillaume Legault, représentant national de l’APTS.
La crainte du partiel au permanent
Dans La Mitis, la situation est si critique que les élus ont lancé à la mi-avril une consultation régionale, laquelle s'accompagnera d'un mémoire visant à documenter leur demande de rétablissement des horaires à l’urgence de Mont-Joli (Hôpital de La Mitis).
Il faut rappeler que cet enjeu de main-d’œuvre n’est pas un cas isolé. Il est perceptible d’un bout à l’autre de la région de la Région du Bas-Saint-Laurent. Des bris de services en obstétrique, en laboratoire et dans les urgences ont également été répertoriés à Témiscouata, Amqui et La Pocatière au cours de la dernière année.
Les organisations syndicales s’inquiètent de voir ces fermetures partielles, initialement présentées comme temporaires, devenir permanentes.
« La population ne doit pas faire les frais de cette crise » prévient Cindie Soucy, présidente de la FIQ-SPSICR BSL, exprimant clairement par ailleurs ses craintes que cette situation ne finisse par nuire gravement à la vitalité économique et sociale, ainsi qu’à la santé de la collectivité.
Enfin, les syndicats interpellent directement le CISSS pour qu’une démarche concertée soit mise sur pied afin de rétablir les activités usuelles.