Photo montrant le logo de CSN prise lors d'une manifestation syndicale à Rimouski - (C) FLO/Alphonse LOGO


Ce 28 avril marque la Journée internationale de commémoration des travailleurs décédés ou blessés au travail. À cette occasion, le Conseil central du Bas-Saint-Laurent dresse un bilan sombre.

En 2025, quatre travailleurs de la région ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions. Pour la présidente Liette Ross, chaque décès est une tragédie qui aurait dû être évitée.

Le Conseil central profite de cette journée pour dénoncer vigoureusement les récentes décisions du précédent gouvernement Legault.

Madame Ross critique notamment l’adoption de la Loi 28 qui, selon elle, affaiblit les mécanismes de santé et de sécurité, particulièrement dans les réseaux de la santé et de l’éducation. Pire, elle qualifie d'aberrant le fait que l’État, comme employeur, réduise les protections de ses propres salariés.

L’inquiétude est d’autant plus vive pour le secteur de la construction, où 77 % des accidents mortels de la province sont survenus l’an dernier.

Le syndicat s’insurge contre le projet de loi 27, qui prévoit une diminution de la présence des représentants en santé et sécurité sur les chantiers.

La CSN confirme d’ailleurs qu’elle conteste actuellement certains articles de ces lois devant les tribunaux pour assurer une meilleure protection des travailleurs québécois.

Le bilan de la CNESST

Le 28 avril constitue un rappel que la prévention doit demeurer au cœur des priorités dans chaque milieu professionnel, reconnaît la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). L'organisation a d'ailleurs invité la population à « observer un moment de recueillement en mémoire des travailleuses et des travailleurs blessés, malades ou décédés du fait de leur travail ».

Concernant les blessures et les décès, la CNESST a dressé un bilan détaillé de la situation.

Au plan national, il ressort qu’en 2025, 91 personnes ont perdu la vie lors d’un accident du travail et le nombre de décès liés à une maladie professionnelle s’élève à 166. Par ailleurs, 1 053 personnes ont développé une maladie professionnelle et 92 875 ont été victimes d’un accident du travail. Ce total de 103 928 cas de lésions professionnelles représente une réduction de 3 % par rapport à l’année précédente.

Dans le Bas-Saint-Laurent, comme mentionné plus haut, quatre personnes ont perdu la vie. Ce sont 2 529 personnes qui ont subi une lésion en raison d’un accident du travail et 276 qui ont développé une maladie professionnelle, pour un total de 2 805 lésions recensées. Cela représente une hausse de 2 % comparativement à 2024.

Pour la CNESST, ces chiffres ne disent pas tout.

« Derrière chaque accident du travail ou maladie professionnelle se trouvent des membres de la famille, des amis et des collègues de travail qui sont directement touchés. La prise en charge de la santé et de la sécurité par les milieux de travail constitue une piste de solution pour éviter de tels drames », affirme l’organisme.

Peu importe le secteur d’activité, les années d’expérience ou le poste occupé, la CNESST suggère la collaboration entre employés et employeurs comme démarche de prévention essentielle afin de rendre les milieux de travail plus sains et sécuritaires.