Martin Soucy entouré de ses collègues élus de La Mitis, devant l'hôpital régional de La Mitis à Mont-Joli (Photo - Courtoisie MRC La Mitis


Le rejet par la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, de la demande des élus de La Mitis de prioriser l'urgence de l'hôpital de Mont-Joli lors de l'affectation de médecins dépanneurs fait monter la tension sur le territoire.

Dans une lettre adressée le 10 février dernier au député de Matane-Matapédia incluant La Mitis, Pascal Bérubé, la ministre a soutenu que l’établissement n'est pas admissible au soutien du Comité national du mécanisme de garde (CNMG) au motif que les absences de médecins seraient « prévisibles », ce qui exclurait l'usage du dépannage d'urgence.

Pour le maire de Mont-Joli, Martin Soucy, et le préfet de La Mitis, Bruno Paradis, cette décision soulève de « sérieuses inquiétudes » quant à la reconnaissance de la réalité régionale. Dans un communiqué conjoint publié ce vendredi 13 février, ils dénoncent la situation actuelle qui « compromet l’accès aux soins de proximité ».

Martin Soucy rappelle à la ministre qu'on ne « choisit pas le moment où l’on tombe malade » et qu'une urgence mineure fermant ses portes dès 16h, voire 15h lorsqu'elle atteint sa pleine capacité, ne répond absolument pas aux besoins de la population.

« La population de la MRC de La Mitis n’est pas une population de second rang. Nous avons droit à des services de santé de qualité, comparables à ceux offerts ailleurs au Québec », a-t-il martelé.

Vers une mobilisation régionale d'envergure

Les élus de La Mitis affirment avoir agi de manière responsable en sollicitant formellement les autorités de santé. Face à une réponse jugée insatisfaisante, la « contre-attaque » s'organise.

Selon le maire de Mont-Joli, la demande formulée est loin d'être déraisonnable et a déjà trouvé des échos favorables dans d'autres régions par le passé.

Le communiqué annonce ainsi l'amorce d'une mobilisation régionale pour défendre l’accès aux soins. Pour marquer la gravité de la situation, une cellule politique régionale a été mise en place afin de coordonner les actions de pression.

« Devant l’absence de solution satisfaisante, La Mitis franchit une nouvelle étape. La santé n'est pas négociable », a soutenu pour sa part Bruno Paradis, le préfet de La Mitis.

« Nous refusons que notre région soit traitée comme une variable d’ajustement administrative. Nous demandons à la ministre de prendre acte de la situation réelle et d’agir pour rétablir des heures d’ouverture adéquates » a-t-il ajouté.

Bien que M. Paradis laisse la porte ouverte à une collaboration avec le gouvernement, il exige désormais des gestes concrets.

« La Mitis se tient debout, et nous défendrons l’accès équitable aux soins avec détermination » a-t-il conclu avec fermeté.

Ce bras de fer rappelle les événements de décembre 2024, où une première vague de compressions avait réduit les services. À l'époque, une mobilisation similaire avait permis le rétablissement des horaires en avril 2025.