Photo indicative - montrant des manifestants pour la même cause à Rimouski le 7 février 2026 (Courtoisie - AGECAR de UQAR)


Une trentaine d’organisations, à l’initiative du président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Mascouche, monsieur Guillaume Tremblay, ont réaffirmé devant la presse ce vendredi que « le Québec ne peut pas se priver des personnes immigrantes déjà bien établies sur son territoire ».

Elles portent ainsi la voix des municipalités, du monde économique, des travailleuses et travailleurs, du milieu de l’enseignement supérieur ainsi que de plusieurs secteurs clés de notre économie dans le bras de fer qui oppose, depuis plusieurs mois, le ministre de l’Immigration du Québec, Jean-François Roberge, aux immigrants des programmes de l’expérience québécoise et aux travailleurs étrangers temporaires.

Elles dénoncent les conséquences importantes des récentes décisions des gouvernements du Québec et du Canada en matière d'immigration.

Ces organisations appellent le gouvernement du Québec à « mettre en place dès maintenant une clause de droits acquis pour les orphelins du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) » et demandent au gouvernement du Canada de « réduire la pression en renouvelant les permis temporaires des personnes déjà au Québec, notamment ceux du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), tout en permettant de recruter des personnes dans les secteurs où les besoins sont critiques ».

Une mobilisation historique

Cette mobilisation est perçue comme un moment historique, puisque c’est une des rares fois que l’UMQ s’associe à autant d’organismes pour exercer une pression sur les pouvoirs publics.

Des centaines de milliers de personnes immigrantes seraient concernées par la situation. Cette dernière est d'ailleurs qualifiée de façon ironique par Flora Dommanget, présidente de l’Union étudiante du Québec (UEQ), comme un « tour de force » réussi par Jean-François Roberge.

« Ces personnes, déjà intégrées, qui étudient, travaillent, parlent français et renforcent le Québec, méritent mieux. Il doit réparer les torts causés, agir maintenant et offrir une immigration plus humaine avec le PEQ et une clause de droits acquis », a-t-elle souligné.

Selon un sondage récent de la FCEI, 56 % des PME s'inquiètent des effets d'une baisse de l'immigration sur leur région. Elles sont quasi unanimes à demander que Québec et Ottawa adoptent une meilleure collaboration. C'en est assez de voir les deux gouvernements multiplier les restrictions, se renvoyer la balle et repousser des décisions pouvant mettre des emplois à risque.

« C'est le moment de mettre en place un véritable pont vers la résidence permanente pour les travailleurs qui sont déjà ici et qui contribuent à notre société », a martelé François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.

Pour Guillaume Tremblay, on ne peut pas laisser ces personnes dans l'incertitude actuelle et sans solution, soutenant que « les impacts se font déjà sentir dans nos milieux de vie ».

Les organisations demandent aux deux gouvernements de collaborer et d’agir avec responsabilité, car le temps est compté pour des milliers de personnes.