Le 21 janvier  au Centre colombien de Mont-Joli, l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent a tenu une conférence consacrée à la santé psychologique en agriculture. L’événement a réuni 71 producteurs et productrices de la Mitis et de ses environs et a permis de présenter officiellement le comité « Santé psychologique - UPA Bas-Saint-Laurent », composé d’administrateurs de la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, dont l’objectif est de promouvoir l’importance de la santé psychologique auprès des producteurs agricoles de la région.

Dans un milieu où le travail ne s’arrête jamais vraiment, la question du bien-être demeure encore difficile à aborder. Les longues heures de labeur, la pression financière et l’isolement font partie du quotidien de nombreux agriculteurs, qui prennent rarement le temps de s’arrêter pour parler de ce qu’ils vivent. La rencontre visait justement à créer cet espace.

« On voulait offrir un moment pour se reconnaître, se sentir compris et rappeler aux producteurs qu’ils ne sont pas seuls », a exprimé la responsable du comité Santé psychologique - UPA Bas-Saint-Laurent Jessie Rioux. « La santé psychologique, en agriculture, ce n’est pas un luxe, c’est essentiel pour continuer. »

Un service pensé pour la réalité agricole

Au cœur de la rencontre, l’UPA a présenté le comité « Santé psychologique - UPA Bas-Saint-Laurent », qui a pour mandat de faire la promotion de services existants en santé psychologique destinés aux producteurs agricoles de la région. Lors de l’événement, le service de travailleur de rang a notamment été présenté, en présence de Mme Pierrette Dion, travailleuse de rang attitrée au Bas-Saint-Laurent et affiliée à l’organisme Au cœur des familles agricoles.

Le service vise à offrir un soutien flexible, qui tient compte du rythme des saisons, des contraintes du travail agricole et de la réalité des entreprises familiales. Les producteurs peuvent y trouver une écoute, du soutien et de l’accompagnement lorsqu’ils traversent une période plus difficile ou ressentent simplement le besoin de prendre du recul.

Au fil des échanges, un constat s’est imposé : derrière chaque ferme, il y a des humains profondément engagés, mais qui parlent rarement de ce qu’ils portent. Si l’agriculture nourrit la population, elle peut aussi user lorsqu’on affronte seul les défis du métier.

Cette réalité a été exprimée avec simplicité par une productrice laitière de la Mitis.

 « Moi, c’est pour ça que je fais ce métier-là. J’aime que les gens réalisent que, quand ils servent un verre de lait, ça ne vient pas juste de l’épicerie. Il y a des personnes derrière, présentes tous les jours pour nourrir le monde », nous  a-t-elle confié.

Au-delà de la présentation du service, la rencontre a aussi permis de briser un certain isolement. Plusieurs producteurs ont réalisé que les difficultés vécues en agriculture sont souvent partagées, même si elles restent rarement exprimées.


Le dévoilement du logo et du slogan  « Qu’attends-tu pour prendre soin de toi ? » s’inscrivait dans cette volonté de normaliser les discussions entourant la santé psychologique. Dans une région comme la Mitis, où l’agriculture occupe une place centrale, cette initiative rappelle l’importance de reconnaître l’humain derrière chaque entreprise agricole et de soutenir ceux et celles qui nourrissent la communauté.

Éva-Michèle Arsenault - FLO FM 96,5 - IJL