Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski face à la presse - Photo Courtoisie


Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski, se dit convaincue que le projet de loi n° 1, Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, passe, dans sa forme actuelle, à côté d’enjeux fondamentaux pour l’avenir de la nation.

En conférence de presse ce mercredi, accompagnée d’Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, elle a proposé plusieurs amendements, ciblant particulièrement la reconnaissance des régions et les dispositions liées au droit à l’avortement.

S'agissant des régions et des municipalités, Mme Blanchette Vézina rappelle d'abord qu'elles constituent des gouvernements de proximité, portés par des acteurs enracinés connaissant les réalités du terrain. Selon elle, une constitution prétendant refonder le Québec sans reconnaître explicitement leur autonomie et leur rôle distinctif demeure déconnectée de la réalité.

« On ne peut pas parler d’autonomie du Québec tout en maintenant une vision centralisée du territoire. Comme l’Union des municipalités du Québec (UMQ) le propose, le Québec devrait inscrire les principes de décentralisation et de subsidiarité dans sa constitution. Donner une place réelle aux régions, ce n’est pas fragmenter le Québec : c’est le renforcer », a-t-elle soutenu.

De concert avec M. Duhaime, elle propose l’ajout d’une disposition claire reconnaissant l’autonomie municipale et régionale, en cohérence avec les revendications historiques des élus locaux.

Droit à l'avortement

Les deux personnalités politiques réaffirment de façon claire et sans équivoque que le droit à l’avortement est fondamental. Elles estiment qu’il ne doit en aucun cas être remis en question ou faire l’objet de débats partisans pouvant en fragiliser la protection.

La députée de Rimouski pense que toute démarche visant à inscrire ce droit dans une loi "fragile", modifiable par une simple majorité parlementaire, crée une fausse impression de sécurité.

« La véritable défense des droits passe par des garanties concrètes d’accès et un cadre institutionnel solide, plutôt que par des dispositions symboliques exposées aux aléas politiques. Les droits des femmes ne doivent jamais être instrumentalisés », a-t-elle insisté.

Enfin pour l'élue, le Québec mérite une constitution qui dépasse le symbolisme pour reposer sur des bases solides et enracinées.

Elle exhorte le gouvernement à bonifier le projet de loi n° 1 afin qu’il reflète les aspirations réelles des citoyens, notamment par une reconnaissance accrue des pouvoirs régionaux et le retrait des dispositions pouvant fragiliser les droits acquis.