L'ex premier ministre François Legault @Emilie Nadeau
Le premier ministre François Legault a démissionné dans la surprise générale ce mercredi 14 janvier 2026, de son poste et a promis de rester en fonction jusqu'à ce que son parti, la Coalition Avenir Québec - CAQ, désigne un nouveau leader.
Il a fait son annonce face à la presse en des termes clairs, qu'il a ensuite partagé sur ses réseaux sociaux.
Pour lui, être le Premier ministre du Québec a été pour lui « un grand honneur ».
FLO 96.5 se propose de vous proposer l'intégralité de ce message à la lecture.
Discours de démission de François Legault le 14 Janvier 2026
Le Québec fait face actuellement à de grands défis. On doit, entre autres, redessiner notre économie pour offrir des emplois d’avenir aux prochaines générations. Et on doit arrêter le déclin inquiétant du français, en particulier à Montréal, pour assurer l’avenir de notre nation.
Je souhaite que la prochaine élection porte sur les grands défis du Québec, pas sur une simple volonté de changement. Je vois bien qu’actuellement plusieurs Québécois souhaitent d’abord du changement, incluant un changement de Premier ministre. Pour le bien de mon parti et surtout, pour le bien du Québec, je vous annonce aujourd’hui que je vais quitter mon poste de Premier ministre du Québec. Je vais rester en place quelques mois, le temps que mon parti choisisse un remplaçant ou une remplaçante.
Je tiens à remercier tous ceux qui se sont embarqués avec moi dans cette belle aventure de créer un nouveau parti. Je pense, en particulier, à mon associé, Martin Koskinen. Pendant toutes ces années, on a formé un duo. Martin a été un partenaire brillant, avec un jugement impeccable, en plus d’être un humain exceptionnel!
Ce n’est pas simple de fonder un nouveau parti. Il faut convaincre des gens de lâcher un bon emploi pour prendre le risque d’une aventure. J’ai eu la chance de vivre cette expérience 2 fois : une fois avec la fondation d’Air Transat et une autre avec la CAQ. Il n’y a rien de plus emballant dans la vie.
Je veux aussi remercier Brigitte, Stéphane, Claude, Lynne, Nicole, Pascal, Charles, Mario, Yves, Dominique, David, Martin, Guillaume, Annabelle, Ewan, Manu, Catherine, Marie-Christine, Stavros, Émilie, Mathias et tous les autres qui m’ont épaulé dans l’ombre toutes ces années. Je veux aussi remercier tous ceux qui ont accepté de se présenter comme candidat de la CAQ, en particulier dans les premières années.
Une des réalisations dont je suis le plus fier, c’est que l’équipe de la CAQ soit devenue une famille. J’adore voir tous ceux et celles qui sont devenus des amis. C’est ce qui va le plus me manquer!
Une qui a beaucoup aidé à créer cette famille, c’est mon épouse Isabelle. Elle est amie avec tout l’monde. Elle prend le temps avec chacun des membres de l’équipe. Et elle m’a épaulé dans les moments plus durs. Merci Isabelle!
Je veux aussi dire merci à mes deux gars, qui ont parfois subi des remarques moins gentilles à cause des positions politiques de leur père. J’aurais voulu leur éviter ça, je les aime tellement!
Toute l’équipe de la CAQ doit être fière d’avoir réussi à créer un nouveau parti et à former un gouvernement majoritaire pour deux mandats, seulement sept ans après sa fondation. C’est tout un exploit.
Pendant ces deux mandats, chaque jour, j’ai essayé de faire ce qui était le mieux pour vous, les Québécoises et les Québécois, les enfants comme les aînés. Je n’ai pas toujours réussi, mais je peux vous assurer que j’ai toujours donné tout ce que je pouvais!
Le premier mandat a été très occupé par la pandémie. J’ai essayé 7 jours sur 7 de sauver le maximum de vies. J’ai essayé de prendre les meilleures décisions avec le peu d’information qu’on avait. On a réussi à être parmi les premiers à rouvrir les écoles. Et ma grande fierté c’est d’avoir réussi à mobiliser la haute fonction publique pour embaucher et former 10 000 préposés en seulement quelques mois. On accuse parfois la fonction publique de manquer de flexibilité. Dans ce cas-ci, ils ont prouvé qu’ils pouvaient se virer de bord rapidement.
Je suis vraiment fier de la solidarité qu’a montré notre nation dans cette période de crise. J’ai vraiment senti, durant cette période difficile, une complicité avec les Québécois.
Ensuite, j’ai souhaité réduire l’écart historique de richesse du Québec avec le reste du Canada. La richesse, ce n’est pas une fin en soi. C’est un moyen nécessaire pour permettre aux Québécois d’être plus autonomes face à notre avenir. Une de mes grandes fiertés, c’est d’avoir réussi, depuis 7 ans, à ce que le Québec ait une meilleure croissance par habitant de son économie et de son salaire moyen que celle du reste du Canada. Ça fait très longtemps qu’on n’avait pas vu ça.
Mais, comme partout dans le monde, beaucoup d’entre vous ont été frappés par une explosion du coût de la vie, en particulier sur le logement et l’épicerie. Vous n’avez pas toujours ressenti les efforts de votre gouvernement pour réduire votre fardeau fiscal. Reste que je suis fier du fait que depuis 7 ans, en moyenne votre revenu disponible après impôts et après inflation ait plus augmenté au Québec que dans le reste du Canada.
Ces réalisations en économie ont été possibles grâce à une stratégie agressive pour attirer beaucoup plus d’investissements des entreprises. Bien sûr, il y a eu des échecs. Mais il y a surtout eu beaucoup de succès. Cette stratégie nous a aussi permis d’utiliser nos surplus d’électricité et de relancer les grands travaux chez Hydro-Québec. Ces grands travaux vont aider à maintenir de l’activité économique dans toutes les régions pendant la période difficile qui nous attend avec l’incertitude créée par Donald Trump. Ce grand chantier va aussi assurer la prospérité du Québec sur plusieurs générations.
J’ai aussi conclu une entente gagnant-gagnant avec Terre-Neuve pour prolonger et rehausser le contrat de Churchill Falls et pour développer un nouveau projet : Gull Island. Malheureusement, le nouveau gouvernement de Terre-Neuve a jugé que l’entente était trop avantageuse pour le Québec. Espérons que nous trouverons une entente gagnant-gagnant dans un proche avenir.
Je suis fier aussi du rattrapage qu’on a fait en Santé, en Éducation et en Culture. Depuis 7 ans, les Budgets ont augmenté de 57% en Santé, de 58% en Éducation et de 61% en Culture. C’est du jamais vu!
En Santé, on a revu les salaires et on a commencé à remplacer les vieux CHSLD par des Maisons des Ainés avec plus d’espace et plus de lumière. On a aussi finalement réussi à faire accepter aux Médecins de famille, un nouveau mode de rémunération qui va révolutionner la prise en charge des patients.
En Éducation, on a revu les salaires, on a ajouté des aides à la classe et on a aussi commencé à bâtir un nouveau concept d’écoles, avec plus d’espace et plus de lumière.
En Culture, une de mes grandes fiertés va être l’ouverture, l’été prochain, du premier musée de l’Histoire nationale du Québec. Il est temps qu’on célèbre la grande aventure de notre nation francophone en Amérique!
En matière de défense de l’Identité de notre nation, on a adopté des lois marquantes. Entre autres, la loi 21 sur la laïcité pour interdire les signes religieux pour les employés en position d’autorité. On a aussi adopté la loi 96, pour renforcer la Charte de la langue française.
Concernant l’immigration, l’explosion du nombre d’immigrants temporaires, en particulier les demandeurs d’asile par le gouvernement fédéral, a accéléré le déclin du français, en particulier à Montréal, à Laval et dans l’Outaouais. Les Québécois doivent être beaucoup plus vigilants pour l’avenir du français et de leur nation. Le Québec forme une belle mais une petite nation qui va toujours être vulnérable en Amérique du Nord. On n’a pas à être gênés de protéger notre langue, notre culture et nos valeurs. Soyons fiers de notre nation!
En terminant, je remercie les électeurs de l’Assomption de leur confiance et je vous remercie tous sincèrement de m’avoir confié deux mandats majoritaires. J’aime profondément le Québec et les Québécois. Être votre premier ministre a été pour moi le plus grand honneur de ma vie!
Merci.