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Vue du déboisement du site du camping à partir de la propriété d'un voisin (c) Hubert Théberge


Lors de l’assemblée publique de consultation du 10 septembre au soir, la municipalité de Sainte-Luce a proposé un amendement visant à retirer l’exploitation de campings dans la zone 134-1, située entre la route 132 et la route du Fleuve. Le secteur en question fait déjà l’objet de contestations citoyennes depuis plus d’un an en raison du développement en cours d’un camping de 21 emplacements, dont l’aménagement a suscité l’inquiétude de plusieurs voisins du site. Reste à savoir si le promoteur de ce projet, entamé en 2025, pourra bénéficier d’un droit acquis lui permettant de compléter l’aménagement de son camping même si le nouvel amendement est adopté.

Dès l’automne 2025, la situation était l’un des enjeux des élections municipales de Sainte-Luce. Certains citoyens, résidant notamment sur la rue Luce-Drapeau et la route du Fleuve, ont déploré les effets négatifs de l’aménagement du camping. Selon plusieurs d’entre eux, le déboisement d’une grande partie du terrain aurait déjà causé des préjudices à des propriétés situées en contrebas du site, près de l’Anse-aux-Coques. Ils affirment que le promoteur aurait abattu plus d’arbres que ce que lui permettait son permis municipal, augmentant ainsi le ruissellement de l’eau sur les propriétés voisines au printemps et amplifiant le risque de glissement de terrain dans le secteur. Certains résidents présents à l’assemblée remettent en question l’octroi de permis et l’application des règles municipales par la Ville dans l’ensemble de ce dossier.

« On est très préoccupés par ce qui se passe. On vit en périphérie. Le déboisement cause des problèmes avec le drainage de l’eau au printemps et à l’automne, et on redoute que des infiltrations se retrouvent à nouveau dans notre sous-sol », confie une citoyenne présente à l’assemblée.

Depuis 2025, le dossier a pris une tournure légale et la Ville communique actuellement avec un avocat afin de déterminer quelle sera la meilleure marche à suivre. La situation exaspère les voisins, qui attendent des réponses concrètes de la municipalité. En 2025, au moins une consultation citoyenne sur la question a été reportée. Lors de la séance publique du conseil du 31 août dernier, les élus ont fait savoir que toutes les questions relatives au dossier du camping ne pouvaient être commentées afin de limiter les incidences judiciaires. Une réponse semblable a été donnée le 10 septembre, lorsque des citoyens ont manifesté leur impatience d’obtenir des réponses.

À la suite de notre demande d’entrevue au début du mois, les représentants de la municipalité nous ont confirmé qu’ils travaillaient sur le dossier, mais qu’ils ne pouvaient pas commenter la situation.

De son côté, M. Carl Ferlatte, promoteur du projet de camping, désire aller de l’avant avec la préparation de son site. Contacté au sujet de la controverse suscitée par la préparation de son projet, il nous a lui aussi répondu qu’il ne pouvait pas commenter la situation en raison de la tournure légale qu’a prise le dossier, mais que les travaux avançaient.

Le 14 septembre prochain, le conseil municipal, qui souhaitait régler la situation rapidement lors de son élection en novembre dernier, pourrait en dire davantage sur l’avancement des procédures, notamment sur la possibilité que M. Ferlatte bénéficie d’un droit acquis pour son projet, lors de la période de questions des citoyens.