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La Chambre de commerce et de l’industrie Rimouski-Neigette (CCIRN) s'inquiète des conséquences que pourrait générer le projet de règlement de la Ville de Rimouski imposant des contributions obligatoires aux promoteurs pour le financement des infrastructures d'eau.
Rappelons que dans une récente communication, la Ville a informé que tout nouveau permis de construction créant des unités (logements, chambres, locaux commerciaux) dans les secteurs visés devra payer une contribution unique allant jusqu’à 5 738 $ par unité, exigible avant la délivrance du permis.
Toutefois, selon les analyses et les commentaires reçus par la CCIRN, cette mesure pourrait non seulement « ralentir les nouvelles mises en chantier et le développement de Rimouski au profit d'autres villes », mais surtout avoir trois conséquences néfastes supplémentaires.
L'organisme évoque notamment le découragement des promoteurs locaux, la fragilisation des projets à taille humaine (24 logements et moins) et le transfert du coût vers les locataires, entraînant ainsi une augmentation indirecte des loyers.
« Le principal enjeu n’est pas uniquement le montant (entre 3 400 et 5 738 $ par unité selon le secteur visé), mais le fait que la contribution soit exigée avant que les projets soient financés ou construits. C'est une sortie de fonds immédiate, sans financement possible par emprunt, qui s'ajoute aux coûts de terrain, de conception et de construction. Dans un contexte de pression sur le logement, cette mesure pourrait réduire l’offre disponible et accentuer les tensions sur le marché locatif », souligne la CCIRN.
La contribution demeure la même peu importe la taille du bâtiment. La CCIRN précise d'ailleurs qu'un duplex représente une charge fixe d’environ 10 500 $, soit un pourcentage de coûts bien plus élevé, proportionnellement, que pour un grand immeuble. Une situation qui pourrait décourager les promoteurs ou les propriétaires souhaitant ajouter un logement accessoire.
Elle rappelle enfin que cette nouvelle taxe devrait augmenter, dans le cas précité, le coût des travaux de 2 % à 3 % du coût total, ce qui mettrait en danger la pérennité de nombreux projets à Rimouski.
La CCIRN annonce qu’elle participera aux consultations publiques pour réclamer une diminution significative de la contribution, un étalement des paiements dans le temps et une révision du mécanisme pour ne pas décourager les investisseurs locaux au profit d'autres municipalités.
On ne peut pas régler, conclut l'organisme, « le manque de logements en ajoutant des barrières financières majeures avant même que la première pelletée de terre soit faite ».
La demande d'un moratoire
Joint par FLO 96.5, Alexandre Mazier, le Vice-président du conseil d'administration de la Chambre de commerce et de l'industrie de Rimouski-Neigette affirme que plusieurs entrepreneurs sont actuellement inquiets. Il appelle la ville de Rimouski à un moratoire sur ce projet en attendant une discussion claire à ce sujet. Alexandre Mazier qu’on écoute.